J’étais censé donner un cours d’été à l’Université de Mayence en Allemagne, mais ça été annulé en raison de la pandémie. C’est dommage. J’aurais enseigné (en allemand) une histoire mondiale de la fermentation, avec trois performances en cuisine (l’université m’en avait trouvé une) avec les étudiant.e.s, création d’un jardin ancestral dans le jardin botanique de l’université et j’aurais aussi donné une formation sur les humanités numériques dans un laboratoire informatique. Et ce n’est pas le seul truc qui est annulé. Dans le cadre du Congrès de l’ACFAS, qui devait avoir lieu à Sherbrooke début mai, j’avais une communication intitulée «Le canot ivre : la bière, de l’Antiquité à nos jours» dans le cadre du colloque Sciences Brassicoles. Toujours dans le cadre de l’ACFAS, je devais participer à une dégustation animée d’une bière alliant techniques biochimiques créatives et reconnaissance des traditions herboristes des Premières Nations abénakises de la région avec Alexandre Drouin (programme de microbrasserie de l’université Bishop’s) et un invité du programme d’études autochtones (musée des Abénakis) au pub The Gait à l’Université Bishop’s. Cela s’inscrivait parfaitement avec la section herboristerie qui est censée s’ajouter au jardin cet été. Autre événement annulé: brassage d’une bière ancestrale avec le biochimiste Benoit Guillemette de l’UdeS au Carrefour de l’Estrie dans le cadre de l’ACFAS. Beaucoup d’annulations, donc, et c’est frustrant. Mais pour vaincre cette frustration, j’ai décidé de lancer un nouveau projet. Avec mes étudiant.e.s à Mayence, nous aurions eu pour projet de programmer une carte dynamique web sur l’histoire gastronomique de la ville. Je vais donc dans ce tutoriel réaliser une couche de ce qu’aurait pu être cette carte, soit la couche des endroits où l’on peut boire de la bière à Mayence, puis nous allons voir comment l’imprimer avec le composeur d’impression.

Pour commencer, allons dans Openstreetmap et trouvons Mayence. Zoomons maintenant jusqu’à trouver un pub, puis avec un clic droit: Interroger les objets.

Si on clique sur le nom du pub dans la fenêtre qui apparaît, on voit que le pub fait partie d’une clé, soit amenity, et que la valeur qui y est associée est pub.

Ouvrons maintenant QGIS, ajoutons une couche de fond OSM.

Trouvons Mayence avec OSM place search ou Nominatim, deux extensions.

Zoom sur le coeur historique de la ville (soit partie concentrique et labyrinthique propre aux villes médiévales):

Créons une nouvelle couche Geopackage, choisissons un endroit où enregistrer notre projet (en cliquant sur les trois points), donnons un nom à notre projet, sans géométrie (car nous créons simplement la base de données à laquelle nous allons ensuite ajouter des couches), puis ok.

On refait la même opération, en sélectionnant la base de données que l’on vient de créer, mais cette fois on choisit dans géométries Polygones.

On clique OK et cette fenêtre apparaît.

On choisit d’ajouter une nouvelle couche. Ensuite, on sélectionne la couche et on la rend éditable avec l’outil approprié:

Sous Éditer, ajouter un cercle:

Clic gauche, relâcher, puis dessiner un cercle et enfin clic droit.

Télécharger puis dans le gestionnaire d’extensions, installer l’extension QuickOSM à partir du zip téléchargé.

Cliquer sur l’icône QuickOSM.

Sélectionner comme clé Amenity, comme valeur Pub et appliquer la recherche à une couche, soit le cercle qu’on vient de dessiner, puis exécuter la requête.

En passant, clés? valeurs? Ça ne vous rappelle pas les dictionnaires dans Python et mon petit Quizz sur les capitales?

À noter que le résultat de la requête QuickOSM est une couche en mémoire, comme l’indique l’icône qui apparaît à sa droite.

Il ne faut donc pas oublier de faire un clic droit sur la couche et de l’exporter pour la rendre permanente et ne pas prendre la chance de tout perdre si le programme se plante. Ne pas oublier également d’enregistrer son projet régulièrement. On refait une requête QuickOSM, mais cette fois pour les routes.

On masque la couche du cercle, la couche OSM, on garde juste les points pour les pubs et juste les lignes pour les routes.

Ce qui nous donne ceci:

Double clic sur la couche pub, puis choisir marqueur svg, trouver l’icône de verre, lui donner la couleur de la bière et ajouter une bordure noire pour faire ressortir le verre, ajuster la taille de l’icône.

Ce qui nous donne ceci:

Ajouter une étiquette, sélectionner le nom, choisir une police gothique, ajuster la taille et ajouter un tampon pour mieux faire ressortir le texte.

Ce qui donne ceci:

On a récemment écrit dans Le Devoir que l’écriture gothique était, je cite: «la typographie du mal». C’est méconnaître le fait que les nazis ont aboli cette typographie en 1942, parce qu’elle avait, selon eux, des origines… juives!

Double clic sur la couche des rues et changeons la couleur des lignes.

On refait toute l’opération précédente pour les pubs, mais cette fois pour les restaurants, ce qui donne ceci:

Nous sommes maintenant prêts à imprimer la carte. Nouvelle mise en page (Ctrl+P).

Donnez un titre significatif à votre mise en page:

Dans la fenêtre qui apparaît, cliquer à gauche sur

addMap

et dessiner un rectangle sur le canevas en maintenant le clic gauche de la souris enfoncé. Cliquer sur

scaleBar

puis clic gauche sur la carte pour ajouter une échelle.

Cliquer sur

addLegend

et dessiner un rectangle en maintenant le clic gauche de la souris pour ajouter une légende. Sélectionner l’outil

select

pour repositionner les éléments ajoutés ou, en maintenant le clic gauche de la souris enfoncé sur un des carrés blancs dans l’un des coins de l’élément, le redimensionner. Ce qui nous donne ceci:

Ce qui apparaît est ce qui est visible dans la fenêtre principale de QGIS. Vous pouvez à tout moment aller faire des changements dans celle-ci, puis revenir dans le composeur d’impression et rafraîchir la vue avec l’outil approprié:

Cliquer sur la légende, puis dans les propriétés de l’item, enlever les éléments indésirables de la légende et changer le nom de ceux qui restent en double-cliquant dessus, enfin changer leur ordre avec les flèches monter et descendre (pour ce faire, il faut par contre déselectionner Auto update ou mise à jour en direct).

Ce qui nous donne ceci:

Ajustons le contenu de la carte avec l’outil approprié, puis en jouant avec la molette de la souris (tout en maintenant Ctrl enfoncé). Vous pouvez aussi déplacer le contenu de la carte en cliquant dessus puis en maintenant le clic gauche enfoncé.

moveItemContent

Ce qui nous donne ceci:

Vous pouvez à tout moment sauvegarder votre composition avec l’outil approprié.

fileSave

On a déjà vu qu’avec un clic droit sur le canevas, on obtenait les propriétés de la composition et que l’on pouvait ajuster ainsi les dimensions du projet (voir le plan de cours pour les dimensions de la carte collective). Attribuons une couleur de fond au projet et ajustons son opacité.

Puis dans les propriétés de la carte, on change le rendu (comme on avait vu en classe pour ajouter un fond style parchemin):

On fait de même pour la légende et l’échelle. Ce qui nous donne ceci:

Quand vous commencez à être satisfaits de certains éléments, vous pouvez vous assurer de ne pas les déplacer accidentellement avec l’outil approprié.

locked

Vous pouvez annuler une modification avec Ctrl+Z ou

undo

En maintenant la touche majuscule enfoncée, vous pouvez cliquer sur plusieurs éléments pour les sélectionner puis les grouper avec

groupItems

Dans les propriétés de la carte (pas du canevas), on peut ajouter une grille.

En double-cliquant sur la grille que nous venons d’ajouter, on peut changer son nom et en cliquant sur Modifier, on peut paramétrer celle-ci. Par exemple, ces paramètres…

…donneront ceci:

On peut aussi ajouter un cadre à notre carte. Toujours dans les paramètres de notre grille, dans la section Cadre, ces réglages …

donneront par exemple ceci:

J’aurais pu changer la couleur des barres pour être plus fidèle à l’esthétique générale de la carte, ce qui donne ceci:

On peut aussi ajouter les coordonnées. Ces réglages…

… donneront ceci:

C’est suffisamment précis pour trouver son pub et s’en boire une froide! Vous pouvez réduire le nombre de décimales en ajustant la précision des coordonnées. Ici, une précision de 3 donne 3 décimales. Ajoutons maintenant un titre avec l’outil approprié:

label

Ces réglages…

…donnent ceci:

Vous pourriez transformer le texte en hyperlien, et ce, en cliquant sur insérer une expression, puis en entrant du code html.

[%'Mayence gastro-historique' || '<a href="https://www.historiamatica.ca</a>' 
%]

Quand notre carte sera imprimée vers pdf, il sera possible de cliquer sur le titre pour ouvrir la version dynamique web, par exemple. Ajoutons un texte explicatif (avec le même outil que pour le titre) et une image (les armoiries de la ville) avec l’outil approprié…

… puis en sélectionnant la source de l’image (c’est-à-dire où elle est enregistgrée sur mon ordi).

Puis dans le rendu de l’image, Multiplier.

Ce qui donne ceci:

Revenons à notre échelle. Nous pourrions choisir entre différentes options dans les propriétés de l’élément, par exemple des mètres ou des kilomètres, changer la police, sa couleur, les couleurs des barres, leur épaisseur… Ces réglages…

…donneront ceci:

Ce qui me permet d’être consistant avec l’esthétique générale de ma carte. L’onglet Display (je suis pas certain c’est quoi en français dans QGIS) offre encore plus d’options. Ces réglages….

…donneront ceci:

Pour ne pas perdre le nord, ajoutons une rose des vents à notre carte avec l’outil approprié:

northArrow

Je sélectionne comme source de l’image une rose des vents (que j’ai créée avec Inkscape puis enregistrée sous le format svg) et je choisis de Multiplier dans le rendu, ce qui donne ceci:

La carte commence à être très chargée, mais on pourrait ajouter une forme avec cet outil…

addBasicShape

…ou encore un polygone avec celui-ci

addPolygon

…ou une flèche:

addArrow

Il ne reste plus qu’à imprimer…

filePrint

… ou à exporter sous forme d’image (PNG, BMP, TIF, JPG…)…

saveMapAsImage

…ou sous forme de svg…

saveAsSVG

… voire comme pdf.

saveAsPDF

Après avoir choisi un format, une boîte s’ouvre qui offre différents paramètres d’exportation, par exemple pour le format image:

C’est à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur le composeur d’impression. Vous pouvez donc maintenant composer vos cartes et les exporter vers un format image, puis les déposer dans Moodle. Si la vie revient à la normal à l’automne, nous les afficherons sur les murs du département.

P.S. Pour l’équipe qui a choisi de faire quatre cartes sur une même affiche, il faudrait que chacun réalise sa carte de son côté, puis l’exporte vers une image. Ensuite, dans le composeur d’impression, ajouter les 4 images avec l’outil approprié (voir ci-haut) et travailler la carte finale à partir de là, en ajoutant légende, encadrés, etc.